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Être paysan en AMAP

Entre les deux recensements agricoles on est passé de 0 en 2001 à 6000 producteurs en AMAP en 2011.

L’AMAP : projet de vie pour le paysan

Le paysan en AMAP est souvent  un maraîcher en proximité de grandes villes donc très concerné par la déprise agricole.
La modification des entrées de villes, les lotissements, l’implantation des grandes et moyennes surfaces, les zones commerciales et les ronds-points ont chassé les paysans autour des villes. Les vielles fermes se sont vidées. Dans ces conditions économiques difficiles, les enfants n’ont pas pris la suite.
Professionnellement, le dernier agriculteur est isolé, pas de subvention, en marge de la Politique Agricole Commune et du  Marché mondialisé. Les circuits de commercialisation se sont effondrés, plus de coopératives pour les maraîchers et le circuit le plus court comme la vente directe est concurrencé par la grande distribution et les produits mondialisés.
A cet état des lieux s’ajoute la pression foncière. Résultat : de 1990 à 2010, en 20ans, 80% des agriculteurs français ont disparus.

Cette crise de l’agriculture paysanne et la crise d’insécurité alimentaire (pic de la vache folle), on fait se rencontrer les acteurs qui vont mettre en place l’alternative économique  et la solution à la mal-bouffe.
Producteurs et consommateurs se sont lancés dans la belle aventure AMAP et ça a marché dans toutes les filières avec une application spécifique adaptée et proposée par le producteur.

Quand un paysan rencontre l’AMAP

Il n’ose pas y croire. Il n’a jamais connu l’engagement financier à l’avance. Des partenaires qui vont partager les aléas, c’est tellement beau et altruiste qu’il reçoit ça comme un cadeau.
Dans l’émotion et la joie qui entoure la construction de l’AMAP, le paysan à la crainte de na pas être à la hauteur mais il va volontiers accepter de s’engager lui aussi. C’est là qu’intervient le paysan essaimeur expérimenté pour l’aider dans sa démarche, pour faire naître la relation entre les futurs partenaires et témoigner de la possibilité de changer de pratiques, d’aller vers la bio s’il ne l’était pas avant l’AMAP.
C’est dans la transparence que le paysan va obtenir la confiance de ses partenaires.
Plus que l’argent, la reconnaissance, la gratitude et l’estime le sortent, des années de pauvreté, d’isolement et de brimades.

En lien avec les gens qu’il nourrit, il retrouve avec bonheur le vrai métier, les savoir-faire et le travail de la terre.

Les premiers producteurs en AMAP ont si bien communiqué leurs impressions et leur bonheur d’être en AMAP que le concept a fait tache d’huile. La réussite de l’AMAP a consolidé l’intérêt de s’encrer dans ce type d’agriculture .

Le type d’agriculture

L’agriculture en AMAP est très spécifique, elle impose au paysan en AMAP une diversification des cultures pour permettre une distribution hebdomadaire étalée sur une durée quasi annuelle pour le maraîcher par exemple. Des nouveaux ratios sont à apprendre, quantité de plants ou semis par amapien pour chaque culture, ratios économiques, calendriers de productions et un emploi du temps très strict à respecter.

L’engagement du producteur en AMAP

Consommateurs et producteur ont des contraintes à respecter pour que le concept soit vraiment une alternative économique.

Avec les 12 ans d’expérience et de pratique du concept, les engagements consignés sur le contrat ont pu être tenus. ils ont garanti le respect des principes de bases, sanitaires, écologiques et environnementaux et donc la preuve que cette agriculture est possible. Quelques bases d’engagement du producteur :
– fournir chaque semaine la part de la récolte ou « panier », calculée pour convenir à 2 adultes et 2 enfants.
– noter la liste des productions sur le contrat.
– informer régulièrement sur les cultures et communiquer sur les aléas dès qu’ils surviennent.
– s’engager à cultiver sans pesticides ni herbicides, dans le respect de la terre, de la biodiversité et de l’éthique des pratiques en AMAP
– s’engage à la transparence de l’analyse comptable pour le calcul du prix du panier.

La reprise des enfants, l’installation jeunes agriculteurs et les femmes dans l’AMAP

– La juste rémunération du travail, la viabilité de la ferme ou de l’exploitation a permis la reprise des enfants pour maintenir l’agriculture paysanne et stopper ainsi l’arrêt des fermes .

– Le lien social procuré par l’AMAP favorise l’installation de jeunes agriculteurs.
C’est un phénomène engendré par le choix de pratiquer une agriculture écologiques, saine qui donne du sens à l’orientation des jeunes de plus en plus nombreux.
Au Japon les jeunes ont une bourse pour se former chez un maraîcher en Teikei pendant 2 ans et s’engagent à s’installer dans la commune qui les aide.

– Le retour des femmes dans ce type d’agriculture paysanne est un fait notoire. Elles avaient disparues du paysage agricole. Elles  choisissent de s’installer en AMAP. Elles s’épanouissent dans le métier, se forment et s’organisent pour équilibrer leur vie et leur travail.

Témoignage

Extrait d’une lettre  à ses amapiens : Virginie et Jean-Marie (Corse)

(…) Il faut que vous sachiez que nous faisons notre métier avec beaucoup de passion et d’amour, mais aussi de transparence. Nous aimons ce que nous faisons, nous croyons en l’agriculture bio, en un monde meilleur et il appartient à chacun de nous d’aller dans ce sens. Le métier d’agriculteur bio devient de plus en plus difficile, nous travaillons avec la nature, mais la nature est en train de mourir, les saisons n’existent plus, les arbres ne savent plus quand fleurir ou se reposer, la sécheresse nous guette, puis des trombes d’eau… Vous êtes là chaque semaine pour nous encourager, nous dire de continuer… Nous vous avons à nos côtés tout au long des saisons, c’est un vrai bonheur d’avancer comme cela. Merci.

Les premières Rencontres Nationale des Producteurs en AMAP

13,15 janvier 2012 – Lycée du Fresne – 49130 Ste Gemmes sur loire.

Témoignage de Vincent Favreau, maraîcher pour le GAEC « Terre de Goganes » 49

Ce weekend il y avait une rencontre nationale des producteurs en AMAP  à Angers.  PACA, le Nord, l’Alsace, Bordeaux ; beaucoup de régions étaient représentées par 120 participants.
C’était le moment de se retrouver 10 ans après le lancement de la première AMAP en France sous les thèmes de
la communication, la vie associative et faire un état des lieux du concept.
J’ai été surpris par nos différences de fonctionnement liées à notre histoire, nos climats, aux personnes. Aucune
AMAP ne se ressemble, elles sont toutes le reflet unique des producteurs et des consommateurs qui les
composent. Mais nous nous retrouvons tous autour de cette charte qui nous borde par ses 18 points, garantissant
l’éthique et le bon fonctionnement des AMAP.
Alors, que l’on vienne du sud, nord ou de l’est, on a l’impression de parler le même langage amapien, avec les
mêmes intérêts et les mêmes soucis. Mais tous les producteurs que l’on a rencontrés ont le sourire aujourd’hui,
alors que beaucoup ne l’avaient pas il y a quelques années. Votre acte hebdomadaire de venir chercher un panier
va beaucoup plus loin que çà ; c’est une force et une énergie que l’on ressent dès que l’on repart le jeudi ou le
vendredi soir.
Chaque semaine, je suis émerveillé par vos engagements dans la vie de l’AMAP, par la confiance et
reconnaissance que vous nous portez. Ce soutien moral, financier ou physique, c’est ce qui nous donne le
sourire pour toute la semaine et nous donne envie de faire toujours mieux pour vous. Merci. Vincent

Qu’est-ce qu’une AMAP ?

AMAP : Association pour le Maintien de l’Agriculture Paysanne est un partenariat producteur/consommateur contractualisé.
– Le consommateur s’engage à payer à l’avance le juste prix de la production, à partager les aléas de cultures et du climat.
– Le producteur s’engage dans la transparence à produire sainement,  sans engrais de synthèse, sans pesticide ni herbicide ni OGM.

 

Qu’est-ce que CREAMAP ?

CREAMAP : Centre de Ressources pour l’Essaimage des AMAP. C’est le réseau national des « historiques » producteurs, consommateurs créateurs des premières AMAP dans leur localité. Ils sont rejoints par tout acteur expérimenté prêt à s’investir bénévolement dans la transmission du concept, dans le respect et le partage des bases fondamentales pour la viabilité et la durabilité du concept.

 

Histoire du partenariat AMAP

Suite à la première crise d’insécurité alimentaire au japon, dans les années 1970, des mères ont mis en place le « TEIKEI » en s’engageant à payer à l’avance des producteurs locaux pour avoir des produits sains. Le Teikei est notre référence historique à l’origine de l’AMAP. Il contribue au maintien des 10 millions de petits agriculteurs japonais.

Le livre : « Histoire de la première AMAP »

Le livre raconte la découverte du concept, l’histoire de la première AMAP, la méthode de transmission, les nombreux témoignages d’acteurs producteurs et consommateurs en France et ailleurs. Un ouvrage indispensable au maintien des fondamentaux des AMAP. En annexe, les outils nécessaires à la création et au fonctionnement de l’AMAP.

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